Décrypter la courbe de fréquentation (14/10/2020)

transports publics genevois; mobilité; genève; transports; télétPlusieurs facteurs sont à l’origine de l’évolution de la fréquentation des transports publics ces derniers mois. A l’exemple du télétravail qui pourrait perdurer et qui invite d’ores et déjà les opérateurs à suivre différentes pistes de réflexion.

La courbe de fréquentation de nos lignes m’interpelle. Elle figure clairement parmi mes questionnements du moment. Après avoir été au plus bas à 15% à la fin mars, elle se situe actuellement à plus de 80% par rapport l’année dernière. Si sa remontée a été spectaculaire en mai et en juin, elle progresse désormais de manière plus modérée.

En comparaison avec d’autres secteurs – le transport aérien, par exemple – je me garderai bien de me plaindre. Il m’importe toutefois de comprendre cette évolution. D’autant plus que nous appliquons des mesures strictes depuis plusieurs mois pour protéger la santé de nos collaborateurs et de nos clients, soit le port du masque obligatoire, le nettoyage renforcé de nos véhicules, la sécurisation de nos cabines de conduite et l’incitation à l’achat en ligne.

La population suisse l’a bien compris. Elle considère le masque (84% des sondés) comme l’une des mesures les plus importantes décidée par la Confédération contre l’épidémie de Covid-19, selon un sondage de l’institut Sotomo. Ce sentiment est corroboré par plusieurs études internationales. Une analyse du Rail Safety and Standards Board britannique affirme entre autre que le risque d’infection lors d’un voyage en train est de 1 pour 11 000, soit moins de 0,01%. A priori, rien ne s’oppose à un retour dans les transports publics, au-delà de la hantise du virus qui habite certains où que ce soit.

L’explication est donc à chercher ailleurs. Plusieurs hypothèses sont avancées : les réductions d’horaire de travail (RHT), le développement des modes alternatifs de mobilité dont le vélo et l’émergence du travail à domicile. Se référant à une enquête, un représentant du cabinet Wüest Partner affirmait la semaine dernière sur les ondes de la RTS que les entreprises installées dans des bureaux affichaient 12% d’heures en télétravail avant l’épidémie et qu’elles avaient l’intention d’en réaliser entre 25% et 30% à l’avenir. Une étude romande du bureau 6-t précise que ce phénomène est présent avant tout dans les cantons urbains.

Ainsi, cette évolution pourrait bien s’inscrire dans la durée. Et elle impose aux opérateurs, dont les tpg, de réfléchir d’ores et déjà à des réponses concrètes. La bonne nouvelle vient du fait que le télétravailleur habituel tend à privilégier les transports publics, selon l’analyse de 6-t. Il est donc essentiel de le fidéliser par une offre large et adaptée à ses attentes.

La promotion des transports publics dans les collectivités et dans les entreprises s’impose comme un autre axe d’action. Le professeur Vincent Kaufmann de l’EPFL illustre cette piste en proposant dans la Tribune de Genève de conditionner la pratique du télétravail au renoncement à une place de parking afin d’inciter les travailleurs à se rendre ponctuellement au bureau en transport collectif.

Plus qu’une contrainte, l’évolution de la courbe de fréquentation se présente comme une opportunité à repenser nos pratiques, sachant que la mobilité demeure une préoccupation centrale des Genevois. La réflexion ne fait que commencer.

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